Que feriez-vous si demain en entrant dans votre salle de
bain vous trouviez un crocodile
qui vous demande de lui apporter un gant et une savonnette
“à la violette” ? Peut-être feriez-vous le
tour de la ville pour satisfaire à cette requête, ainsi que le
fit le personnage de ce livre.
Bizarre, mais hier soir j’ai trouvé un crocodile dans ma baignoire.
Son maillot de bain et son peignoir bien pliés étaient soigneusement rangés
sur le porte-serviettes.
Me voyant entré, il s’est mis à crier :
Hé ! Faut pas vous gêner, vous voyez bien que je suis en train de me
laver.
Et, d’une voix plus douce, m’a demandé :
Dites, vous n’auriez pas du savon ? Et en même temps un gant ? Je les ai
oubliés chez votre voisin chez qui j’ai fait d’excellents festins. Pour le
savon du « à la violette », cela me changera de celui que j’avais.
Éventuellement si vous n’avez pas de savon, une savonnette m’irait aussi
bien. Merci, ce serait parfait.
Je me suis gratté la tête pour savoir où ma femme rangeait les savons, les
gants voire les savonnettes. Car depuis une semaine, elle était partie en
Australie avec mon chien. Un corniaud des Balkans qui venait de gagner
deux billets « Aller » sans espoir de retour.
J’ai d’abord regardé dans l’armoire à pharmacie où se trouvent mes effets
de toilettes, mais je n’ai trouvé ni gants, ni savons encore moins de savonnettes.
J’ai regardé dans l’armoire aux effets de ma toilette, mais là non
plus, il n’y avait pas de savons, pas une seule savonnette, pas même un
gant, juste une brosse à dents d’un vieux modèle. Une brosse pour se
brosser les cheveux et deux épingles à nourrice, ainsi qu’un vieux cachet
d’aspirine, un morceau de sparadrap, un mouchoir bien plié, un flacon de
mercurochrome presque vide, et dans un coin, une photo déchirée.